L’étude et une proposition de Design pour les Jardins de la Grâce

Cet article a pour but de vous partager nos réflexions, ainsi que de motiver nos choix en terme de design du lieu en permaculture.

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Etude du contexte :

Saint Pierre de Bailleul est une commune d’environs 1 000 habitants, située dans l’Eure, entre Vernon et Gaillon, dans les boucles de Seine, A 1h15 de Paris, 45mn de Rouen sur l’A13.

Le village, entre 15 et 136m au dessus du niveau de la mer, fait partie de la communauté de communes Eure Maries Seine (CCMES).

Conditions Météorologiques

Le diagramme suivant présente l’évolution des températures moyennes en rouge, ainsi que les précipitations, en bleu.

(source :https://fr.climate-data.org/location/433849/)

Moyennes de températures sur l’année

Jan Fév Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Temp. moy. (°C) 3 4 6.8 9.7 12.9 15.9 17.6 17.2 15.3 11.1 6.6 4.3
Temp. moy. min. (°C) 0.3 0.8 2.5 5 7.9 10.6 12.4 12.1 10.4 7 3.6 1.7
Temp. moy. max (°C) 5.8 7.2 11.2 14.4 17.9 21.2 22.8 22.4 20.3 15.2 9.7 6.9
Précipitations (mm) 57 48 45 43 52 50 50 50 54 59 63 59

Position du terrain

Le terrain se trouve en contrebas d’une pente (matérialisée en rouge).

Son accès se fait par la rue Georges Vimont.

Etude du sol.

Boucles de Seine oblige, un test de sédimentation a pu montrer que le terrain est, Limono-Argileux.

Pas cultivé, traité, ni laissé en pâturage depuis des dizaines d’années, son entretient consiste en un fauchage régulier des graminées spontanément présentes (chiendent), ce qui laisse peu de place aux adventices qui devraient apparaitre dans un second temps.

Nous avons pu néanmoins, observer ficaires et plantins, qui nous indiquent un sol riche et légèrement compacté.

Un trou sur 40 cm confirme l’abondance de terre arable, avec une vie très dense.

Nous avons pu ainsi observer beaucoup de vers de terre, mais aussi des limaces dormant dans le sol (l’étude a été menée en Janvier 2018, lors d’un mois record en termes de précipitations)

Environnement géographique.

La parcelle bénéficie d’un excellent ensoleillement. En effet, orientée vers le Sud, l’école Primaire située en contrebas ne cache pas la course du soleil.

La partie Ouest quant à elle est complètement libre, jusqu’au vignes entretenues par la commune situées plus haut à 50m.

Son côté Nord, un grand châtaignier est déjà en place, avec à son pied une butte de gravats de 2m. La face Nord est la plus exposée.

L’implantation des habitations et arbres environnants laissent ainsi à penser que le terrain se situe dans un couloir de vents froid, dont il faudra tenir compte dans les propositions d’implantation, afin de créer un microclimat plus favorable.

Accès

L’accès se fait très facilement, par un chemin stabilisé par des graviers, qui débouche sur une zone de stationnement. S’y trouvent déjà les bacs de récupération verre et papier pour le recyclage. Y installer un bac à compost aurait ainsi du sens.

Proposition de Design en permaculture

Le premier prédateur dont nous souhaitons nous « prémunir » est l’Homo-Sapiens. En effet, le caractère collectif et associatif du jardin, ne doit pas mener à un grenier de nourriture gratuite à ciel ouvert. La redistribution étant un objectif du projet, elle doit se faire avec équité et de façon raisonnée pour garantir la pérennité du projet.

Il faudra par conséquent, en délimiter l’accès par une clôture, somme toute symbolique. Une clôture vivante en osier, semble parfaitement correspondre.

Sur la partie Nord/Nord-Ouest, différentes strates d’arbres pourront faire une barrière naturelle très efficace contre le froid, et permettront de faire exploser la biodiversité du lieu, fournissant perchoirs pour les oiseaux, et abris pour les insectes ou petits animaux.

Pour assurer l’alimentation en eau, des mares seront créées. Elles auront également pour fonction d’accueillir toute une faune, y attirer des grenouilles, et ainsi participer à la régulation des limaces. Les mares ont également une fonction d’inertie thermique et participent à la création de microclimats, reflétant de plus les rayons du soleil

.

Le site ne disposant pas à l’heure actuelle de toiture qui permette de récupérer simplement de l’eau, la création de baissières et de drains souterrains pourraient constituer une excellente stratégie de récupération des eaux de pluie.

Si cette idée est retenue, sa mise en œuvre devra se faire dans le sens de la pente, sur la face Ouest.

Le projet étant également d’expérimenter différentes techniques en permaculture, plusieurs zones seront définies sur la parcelle.

  • Le centre de recherche.

Partagé avec l’école. Il sera productif, avec une spirale aromatique, mais sera également utilisé pour des tests de techniques.

  • La zone annuelle

Elle propose toutes les plantes annuelles ou biannuelles, couramment cultivées dans un potager. La zone annuelle se présentera sous la forme d’un Mandala, qui permettra en plus de son esthétique, de profiter un maximum du rayonnement offert par le point d’eau central, tout en favorisant les effets de bordures entre parcelles.

  • La zone perpétuelle

Elle fonctionnera comme un Jardin/Forêt, avec des plantes perpétuelles. L’intervention y sera limitée pour laisser un maximum de place au développement naturel de la zone.

  • La zone « libre»

Elle ne sera pas cultivée. Plutôt un lieu de vie et d’échanges, c’est un espace entretenu et disponible pour recevoir du public, poser une table, installer un atelier temporaire …

Les points d’eau seront placés ainsi :

  • Une grande marre au centre, en forme de haricot (ou C), 5*3/4m, 1 m de profondeur, avec des paliers pour diversifier les plantes aquatiques.
  • Une mare plus petite côté perpétuel qui participera à un microclimat plus chaud.
  • Une enfin, devant la serre, avec la récupération de son eau de pluie. Son emplacement est choisi, pour réfléchir et y renvoyer plus de lumière.

Malgré la présence de mares, et la mise en place d’une stratégie de récupération de l’eau par ruissellement du terrain, une attention particulière sera placée dans sa gestion.

Il n’est pas exclu de faire un point rapidement avec les membres de l’association, pour étudier les différentes possibilités de récupération en fonction des connaissances et compétences de chacun.

Liste (non exhaustive) des plantes envisagées.

Arbres

Strate arborée Pommes, Poires, Cerises.
Strate arbustive Groseilles, mures, framboises, Goumi du Japon, Goji du tibet, camérisier
Arbrisseaux Kiwi, Figues.

Plantes perpétuelles

Ail des ours, chou Daubenton, rhubarbe, poireau perpétuel, artichaut, châtaigne de terre, oseille épinard, rhumex, basilic, origan.

Plantes annuelles

Difficile d’en faire la liste, elle sera définie en fonction des envies des bénévoles (tomates, carottes, pommes de terre, …).

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